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Portefeuille ETF PEA : comment le construire (avec 3 exemples concrets)
Comment construire son portefeuille ETF PEA ? Nos 3 exemples concrets (1 a 3 ETF), criteres d'allocation et erreurs a…
Cet été, le S&P 500 a bien failli devenir inaccessible dans un PEA. La menace a été levée le 26 août 2026, mais elle a laissé beaucoup d’épargnants sans réponse claire.
Voici les trackers qui permettent d’y accéder aujourd’hui, ce qui les sépare vraiment, et une question que la plupart des comparatifs évitent : avez-vous seulement besoin d’un ETF S&P 500 dans votre PEA ?
Si vous débutez, notre guide sur ce qu’est un ETF pose les bases nécessaires à la suite.
Trois trackers répliquent le S&P 500 classique et sont éligibles au PEA. Un quatrième s’en approche sans être tout à fait le même produit.
| ETF | Ticker | ISIN | Frais (TER) | Encours |
|---|---|---|---|---|
| iShares S&P 500 Swap PEA UCITS ETF | SPEA | IE000DQLYVB9 | 0,10 % | 42 M€ |
| Amundi PEA S&P 500 UCITS ETF Acc | PSP5 | FR0011871128 | 0,12 % | 1 146 M€ |
| BNP Paribas Easy S&P 500 UCITS ETF | ESE | FR0011550185 | 0,14 % | 3 349 M€ |
| Amundi PEA S&P 500 Screened UCITS ETF | PE500 | FR0013412285 | 0,25 % | 1 049 M€ |
Encours au 30 juillet 2026, sauf PE500 au 24 juillet 2026.
Trois points communs à connaître avant d’aller plus loin.
Les quatre sont capitalisants : les dividendes des entreprises américaines sont réinvestis automatiquement dans le fonds, jamais versés sur votre compte espèces. Il n’existe aucune version distribuante éligible au PEA, et c’est plutôt une bonne nouvelle expliquée dans notre article sur la différence entre capitalisant et distribuant.
Les quatre utilisent une réplication synthétique, par contrat d’échange. C’est une obligation technique, pas un choix de gestion, et la section suivante explique pourquoi.
Les quatre cotent en euros sur Euronext Paris. Aucun risque de change à l’achat, même si le risque de change sur le dollar demeure : il est logé dans la performance de l’indice, pas dans la devise de cotation.
Amundi commercialise deux produits aux noms presque identiques, et la confusion coûte cher.
Le PSP5 suit le S&P 500 pour 0,12 % par an. Le PE500 suit le « S&P 500 Scored & Screened+ », une version filtrée selon des critères ESG, pour 0,25 % par an. Ce n’est ni le même indice, ni le même prix : les frais sont plus du double.
Le PE500 n’est pas un mauvais fonds, et son encours d’un milliard d’euros montre qu’il trouve son public. Mais si vous cherchez le S&P 500, celui que tout le monde suit, ce n’est pas celui-là. Vérifiez l’ISIN, pas le nom.

Le PEA n’accepte que des titres européens. Le S&P 500 ne contient que des actions américaines. Les deux règles semblent inconciliables, et pourtant ces ETF existent depuis 2013.
L’explication tient dans un mécanisme appelé swap, ou contrat d’échange. Le fonds détient réellement un panier d’actions européennes, parfaitement conformes aux règles du PEA. En parallèle, il signe un contrat avec une banque : le fonds lui verse la performance du panier européen, et la banque lui verse en échange la performance du S&P 500.
Résultat pour vous : votre argent suit l’indice américain, tout en restant investi dans une enveloppe qui n’a jamais quitté le cadre légal. C’est ce qu’on appelle un ETF synthétique, par opposition à un ETF physique qui détient directement les actions de l’indice.
C’est la seule différence de nature entre ces ETF et un tracker classique, et elle mérite une explication honnête plutôt qu’une ligne d’avertissement.
Si la banque qui porte le swap fait défaut, elle ne verse plus la performance promise. Le fonds ne disparaît pas pour autant : il détient toujours son panier d’actions européennes, qui sert de garantie. Vous ne perdez pas votre investissement, mais vous pouvez subir un écart temporaire entre la valeur de votre ETF et celle de l’indice.
La réglementation européenne UCITS encadre ce risque : l’exposition à une seule contrepartie ne peut pas dépasser 10 % de l’actif net du fonds. Dans les faits, les émetteurs travaillent avec plusieurs banques et surcollatéralisent souvent au-delà du minimum exigé.
Ce risque est donc réel, borné et réglementé. Il n’a pas empêché ces fonds de traverser sans incident la crise de 2020 ni la remontée des taux de 2022. Le mentionner est honnête ; en faire un repoussoir serait malhonnête.
Si vous avez lu que votre ETF S&P 500 allait être exclu du PEA, voici ce qui s’est réellement passé.
| Date | Ce qui s’est passé |
|---|---|
| 9 juin 2026 | Bercy confirme que ces ETF synthétiques sont bien éligibles au PEA |
| Été 2026 | Une note de la Direction générale du Trésor propose de restreindre le PEA aux seuls titres européens, dans le cadre du budget 2027 |
| 25 août 2026 | Une question écrite est publiée au Journal officiel pour demander au gouvernement de clarifier ses intentions |
| 26 août 2026 | Le ministre des Comptes publics annonce que le gouvernement ne proposera pas d’exclure les ETF swappés du PEA |
La question écrite n° 17795 du député Corentin Le Fur rappelle l’enjeu : 7 millions de PEA, environ 125 milliards d’euros d’encours en mars 2026. Une exclusion aurait touché une part considérable de l’épargne des particuliers, et en premier lieu les jeunes investisseurs, largement exposés aux indices américains.
Ce qu’il faut en retenir, sans excès dans un sens ni dans l’autre.
Les ETF S&P 500 restent parfaitement éligibles au PEA aujourd’hui. Rien ne change pour vos versements, ni pour les positions que vous détenez déjà.
Mais l’annonce du 26 août est une déclaration politique, pas un texte de loi. Le rendez-vous qui compte est la présentation du projet de loi de finances pour 2027, à l’automne. C’est là seulement que la question sera tranchée dans un texte.
Faut-il agir en conséquence ? Non. Réorganiser un portefeuille long terme sur la base d’une rumeur budgétaire coûte des frais certains pour éviter un risque hypothétique. Et si une telle mesure voyait un jour le jour, l’usage constant en matière fiscale est de protéger les encours déjà constitués. Nous mettrons cet article à jour à la sortie du budget.
À première vue, le choix est vite fait : le moins cher gagne. La réalité demande trois critères de plus.
Le TER est prélevé chaque année sur l’encours du fonds, sans que vous ne voyiez jamais passer la ligne. Sur 10 000 € investis, 0,10 % représente 10 € par an, 0,14 % en représente 14 €.
Projetons sur une vraie durée. Avec 20 000 € placés pendant 20 ans à 7 % de rendement annuel brut :
| ETF | Frais | Capital après 20 ans |
|---|---|---|
| iShares SPEA | 0,10 % | 75 960 € |
| Amundi PSP5 | 0,12 % | 75 676 € |
| BNP Easy ESE | 0,14 % | 75 393 € |
| Amundi PE500 | 0,25 % | 73 856 € |
L’écart entre le moins cher et le plus cher des trois S&P 500 classiques atteint 566 € sur vingt ans, soit moins de 1 % du capital final. C’est assez pour départager deux fonds identiques par ailleurs, pas assez pour vendre un ETF déjà détenu et en racheter un autre.
En revanche, l’écart avec le PE500 grimpe à 1 820 €. C’est là que le choix se joue vraiment, et il se joue sur le produit, pas sur deux centièmes de point.
C’est le critère que les comparatifs oublient, alors qu’il pèse davantage que le TER sur un horizon de vingt ans.
L’iShares SPEA affiche 42 millions d’euros d’encours, contre 3,3 milliards pour le BNP Easy. Un rapport de 1 à 80. Le SPEA est jeune, lancé en mai 2025, et sa collecte peut très bien décoller.
Mais un fonds à faible encours reste plus exposé à une fermeture ou à une fusion décidée par l’émetteur, faute de rentabilité. Vous ne perdez pas votre argent dans ce cas : le fonds est liquidé et vous récupérez la valeur de vos parts. Vous perdez le choix du moment, et sur un PEA, une vente subie peut tomber au pire instant du marché.
Sur ce critère, les 0,02 point d’économie annuelle du SPEA pèsent peu face à la tranquillité d’un fonds installé.
Deux coûts invisibles sur la fiche produit.
Le spread est l’écart entre le prix d’achat et le prix de vente à un instant donné. Il se creuse sur les fonds peu échangés, et se paie à chaque ordre. L’écart de suivi mesure la différence entre la performance réelle du fonds et celle de son indice, une fois tous les frais absorbés.
Un fonds gros et très échangé a structurellement un spread plus serré. Sur un versement mensuel, ce coût répété peut dépasser l’écart de TER entre deux concurrents.
Un dernier critère, purement pratique. Si vous versez 100 € par mois, une part à 40 € vous laisse investir 80 € et dormir sur 20 € de liquidités.
Vérifiez le prix d’une part chez votre courtier avant de choisir, en particulier si vous mettez en place des versements programmés. Certains courtiers autorisent l’achat de fractions de part, ce qui résout complètement le problème.

Voici la question que les comparatifs d’ETF posent rarement, parce qu’elle peut conclure que vous n’avez besoin de rien acheter.
Le MSCI World est présenté comme un indice mondial. Il l’est, à condition de regarder sa composition réelle : au 31 juillet 2026, les États-Unis pèsent 72,03 % de l’indice, selon les données de MSCI. Le Japon suit à 5,73 %, le Royaume-Uni à 3,61 %, la France à 2,44 %.
Autrement dit, les plus grosses positions d’un ETF MSCI World sont exactement les mégacapitalisations américaines qui dominent le S&P 500. Ce sont les mêmes entreprises, dans un ordre voisin.
Trois situations, trois réponses.
Vous n’avez encore rien. Commencez par un MSCI World. Vous obtenez les mêmes géants américains, plus une diversification sur les autres pays développés, pour des frais comparables. C’est le socle décrit dans notre sélection des meilleurs ETF pour un PEA.
Vous détenez déjà un MSCI World. Ajouter un S&P 500 ne diversifie presque rien : vous rachetez, en plus concentré, ce que vous possédez déjà à 72 %. Vous ne réduisez pas votre risque, vous augmentez votre exposition aux États-Unis.
Vous voulez délibérément surpondérer les États-Unis. C’est un choix défendable, à condition de le nommer pour ce qu’il est : un pari sur la poursuite de la surperformance américaine, pas une mesure de prudence. Si c’est votre intention, un S&P 500 en complément d’un World remplit parfaitement ce rôle. Notre guide pour construire un portefeuille ETF sur PEA détaille comment doser cette poche sans déséquilibrer l’ensemble.
La question n’est donc pas « quel est le meilleur ETF S&P 500 », mais « qu’est-ce que cet ETF ajoute à ce que je détiens déjà ». Pour beaucoup de lecteurs, la réponse honnête est : pas grand-chose.
Une fois le choix fait, l’achat prend quelques minutes chez n’importe quel courtier proposant un PEA.
Si votre PEA n’est pas encore ouvert, les frais de courtage varient fortement d’un établissement à l’autre : notre comparatif des meilleurs PEA en 2026 chiffre l’écart sur la durée. Et pour ce qui vous attendra à la sortie, tout est dans notre article sur la fiscalité du PEA : après cinq ans, seuls les prélèvements sociaux restent dus.
Le risque existe mais il est encadré : la réglementation UCITS plafonne l’exposition à une contrepartie à 10 % de l’actif net, et le fonds détient un panier d’actions réelles en garantie. En cas de défaut de la banque, vous ne perdez pas votre investissement, vous subissez au pire un écart temporaire avec l’indice. Le risque principal de ces ETF reste celui du marché actions lui-même.
En PEA, si vous êtes résident fiscal français et que vous visez le long terme : après cinq ans, seuls les prélèvements sociaux de 18,6 % s’appliquent, contre 31,4 % sur un compte-titres. Le compte-titres garde deux avantages : aucun plafond de versement et l’accès aux ETF S&P 500 à réplication physique, souvent moins chers.
Non. Les quatre trackers éligibles sont capitalisants. Pour obtenir des revenus, il faut vendre des parts, ce qui revient au même sur le plan économique tout en restant plus efficace fiscalement.
Le gouvernement a annoncé le 26 août 2026 qu’il ne proposerait pas cette mesure. Il s’agit d’une position politique et non d’un texte voté : le projet de loi de finances pour 2027, présenté à l’automne, sera le moment de vérification. En l’état, ces ETF restent éligibles.
Non. Vendre aujourd’hui, c’est payer des frais certains et sortir du marché pour éviter un risque qui n’existe pas encore. En matière fiscale, les changements de règles épargnent le plus souvent les encours déjà constitués.
Sur les frais, le classement est simple : l’iShares SPEA est le moins cher, le BNP Easy le plus solide par son encours, l’Amundi PSP5 le compromis entre les deux. L’écart réel entre eux dépasse rarement quelques centaines d’euros sur vingt ans.
Le vrai piège n’est pas là. Il est dans le PE500, qui ressemble au S&P 500 sans en être un et coûte le double. Et surtout dans une question plus large : si votre PEA contient déjà un MSCI World, vous détenez déjà l’essentiel de ces entreprises américaines. Ajouter un S&P 500 est alors un pari assumé sur les États-Unis, pas une diversification.
Pour décider de la place à donner à cette poche dans votre allocation, notre guide pour construire un portefeuille ETF sur PEA reprend la question à l’échelle du portefeuille entier.
Cet article est fourni à titre informatif et pédagogique ; il ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Investir comporte un risque de perte en capital.
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