Bourse
Intérêts composés : la formule expliquée simplement (+ calculateur gratuit)
Interets composes : la formule expliquee simplement, un calculateur gratuit, et comment en profiter concretement via ETF et PEA.
Depuis le 1er janvier 2026, retirer de l’argent de votre PEA vous coûte 1,4 point de plus qu’en décembre dernier. Sur 50 000 € de plus-value, cela représente 700 € de prélèvements supplémentaires.
La fiscalité du PEA reste pourtant la plus avantageuse des enveloppes actions françaises. Encore faut-il savoir ce qu’on paie réellement, et quand.
Cet article ne se contente pas d’énoncer la règle : il déroule le calcul. Six situations de retrait chiffrées, avec à chaque fois le montant exact qui arrive sur votre compte en banque. Vous y trouverez aussi la formule que presque personne n’explique, celle qui détermine la part taxable d’un retrait partiel.
Voici l’essentiel, avant toute explication.
| Votre situation | Impôt sur le revenu | Prélèvements sociaux | Total |
|---|---|---|---|
| Vous ne retirez rien | 0 % | 0 % | 0 % |
| Vous retirez avant 5 ans | 12,8 % | 18,6 % | 31,4 % |
| Vous retirez après 5 ans | 0 % | 18,6 % | 18,6 % |
Trois choses à retenir de ce tableau.
Tant que l’argent reste dans le plan, il ne se passe rien fiscalement, quels que soient vos gains. Le seuil des 5 ans est le seul qui compte, et il se calcule depuis la date d’ouverture du plan, pas depuis votre premier versement significatif. Enfin, les prélèvements sociaux sont dus dans tous les cas de retrait : l’exonération après 5 ans porte uniquement sur l’impôt sur le revenu.
Le taux des prélèvements sociaux sur les revenus de placement est passé de 17,2 % à 18,6 % au 1er janvier 2026. La hausse vient de la CSG, relevée de 9,2 % à 10,6 % par la loi de financement de la Sécurité sociale.
Le taux global se décompose désormais ainsi, selon service-public.gouv.fr :
Soit 18,6 % au total. À noter : les revenus fonciers et les plus-values immobilières restent à 17,2 %. Seuls les placements financiers sont concernés par la hausse.
C’est le point que beaucoup d’articles encore en ligne passent sous silence. Le fait générateur de l’imposition n’est pas la réalisation de la plus-value, c’est le retrait.
Concrètement : une plus-value accumulée sur votre PEA en 2019 et retirée en 2026 sera taxée à 18,6 %, pas à 17,2 %. Le taux applicable est celui en vigueur le jour où vous sortez l’argent.
Cette règle a une conséquence directe sur votre stratégie : le taux qui s’appliquera à vos retraits dans quinze ans est inconnu aujourd’hui. Ce n’est pas une raison pour retarder l’ouverture d’un plan, puisque le compteur des 5 ans, lui, ne démarre qu’à l’ouverture.
| Plus-value au retrait | Prélèvements à 17,2 % | Prélèvements à 18,6 % | Surcoût |
|---|---|---|---|
| 10 000 € | 1 720 € | 1 860 € | +140 € |
| 50 000 € | 8 600 € | 9 300 € | +700 € |
| 150 000 € | 25 800 € | 27 900 € | +2 100 € |
Le surcoût représente environ 8 % de prélèvements en plus, quel que soit le montant. Il faut le relativiser honnêtement : le PEA reste, et de loin, l’enveloppe la moins taxée pour investir en actions européennes. Sur un compte-titres ordinaire, ces mêmes 50 000 € de plus-value supporteraient 15 700 € de fiscalité au lieu de 9 300 €.
C’est le mécanisme le plus mal compris du PEA, et pourtant c’est celui qui fait toute sa force.
À l’intérieur du plan, rien n’est imposable. Vous pouvez vendre une ligne avec une belle plus-value, en racheter une autre, encaisser des dividendes, arbitrer trois fois dans l’année : aucune imposition, aucune déclaration à faire. Tant qu’aucun euro ne sort du plan, l’administration fiscale ne s’intéresse pas à ce qui se passe dedans.
La fiscalité du PEA sur les dividendes suit exactement la même logique. Les dividendes versés par vos actions ou par vos ETF éligibles au PEA tombent sur le compte espèces du plan sans être imposés. Vous les réinvestissez intégralement, sans le prélèvement de 30 % qui s’appliquerait sur un compte-titres.
Cette absence de frottement fiscal annuel n’est pas un détail de confort. C’est mathématiquement ce qui permet aux intérêts composés de fonctionner à plein régime : chaque euro non prélevé reste investi et produit à son tour des gains, année après année.
Sur un compte-titres, une imposition annuelle des dividendes ampute la base de calcul de la capitalisation dès la première année. Sur un PEA, elle est simplement reportée au jour du retrait, des décennies plus tard si vous le souhaitez.

Avant le cinquième anniversaire du plan, tout retrait entraîne deux conséquences : l’imposition des gains et la clôture du PEA.
Les gains sont taxés à 12,8 % au titre de l’impôt sur le revenu, auxquels s’ajoutent les 18,6 % de prélèvements sociaux, soit 31,4 %. L’ancien prélèvement forfaitaire unique à 30 %, que vous verrez encore mentionné un peu partout, n’existe plus depuis la hausse de la CSG.
Vous pouvez opter pour le barème progressif de l’impôt sur le revenu à la place des 12,8 %, mais cette option n’est intéressante que si votre taux marginal d’imposition est nul ou très faible.
Cas 1 : retrait à 3 ans avec plus-value. Vous avez versé 20 000 €, le plan en vaut 24 000 €. Vous retirez tout.
Cas 2 : retrait à 3 ans en moins-value. Vous avez versé 20 000 €, le plan en vaut 17 000 €. Vous retirez tout.
La règle de clôture connaît des exceptions, listées par service-public.gouv.fr :
Dans ces situations, les gains restent exonérés d’impôt sur le revenu même avant 5 ans. Seuls les prélèvements sociaux sont dus.
C’est le cas de figure normal, celui vers lequel tout détenteur de PEA se dirige. Après cinq ans, l’impôt sur le revenu disparaît totalement. Restent les 18,6 % de prélèvements sociaux, calculés uniquement sur la part de gain contenue dans le retrait.
La loi PACTE de 2019 a ajouté un avantage considérable, encore trop peu connu : après 5 ans, un retrait partiel ne clôture plus le plan et ne vous empêche plus de reverser ensuite. Vous restez libre d’alimenter votre PEA jusqu’au plafond de 150 000 € de versements cumulés.
Prenons un PEA ouvert il y a 7 ans : 40 000 € versés au total, valorisé aujourd’hui 60 000 €. La plus-value latente est donc de 20 000 €, soit un tiers de la valeur du plan.
Cas 3 : vous retirez 10 000 €.
Cas 4 : vous retirez 30 000 €.
Cas 5 : vous clôturez le plan et retirez les 60 000 €.
Comparez ce dernier cas à un compte-titres ordinaire : les mêmes 20 000 € de plus-value y supporteraient 6 280 € de prélèvements, contre 3 720 € sur le PEA. L’écart de 2 560 € est précisément ce que vous achetez en acceptant les contraintes du plan. Si vous n’avez pas encore ouvert le vôtre, notre comparatif des meilleurs PEA en 2026 détaille les frais de chaque courtier.

Vous avez peut-être remarqué quelque chose dans les cas 3 et 4 : le retrait n’est jamais considéré comme « du capital » ou « de la plus-value ». Il est réputé composé des deux, dans les mêmes proportions que le plan lui-même.
Vous ne pouvez pas décider de retirer d’abord votre capital pour éviter l’impôt. La règle est proportionnelle et automatique :
Gain imposable = montant retiré × (plus-value totale ÷ valeur totale du PEA)
Déroulons un exemple complet. Votre PEA vaut 125 000 €, vous y avez versé 100 000 € au fil des ans. Vous souhaitez retirer 5 000 €.
Les 4 000 € restants sont considérés comme un remboursement de votre capital, et ne sont donc pas taxés.
Cette mécanique a une conséquence contre-intuitive qu’il vaut mieux connaître à l’avance : plus votre PEA a performé, plus la part taxable de chaque retrait est élevée. Un plan qui a doublé de valeur voit 50 % de chaque retrait soumis aux prélèvements sociaux. C’est la contrepartie logique d’une bonne performance, mais elle surprend souvent au moment du premier retrait.
Les plans ouverts avant le 1er janvier 2018 peuvent relever du régime dit des « taux historiques ». Les gains y sont soumis au taux de prélèvements sociaux en vigueur à l’époque où ils ont été acquis, et non au taux actuel : 15,5 % pour la période 2012-2017, 17,2 % pour 2018-2025, 18,6 % à partir de 2026.
Ce calcul par strates est complexe et dépend de la date exacte d’ouverture de votre plan. Votre courtier l’applique automatiquement sur l’imprimé fiscal unique. Si vous êtes dans ce cas, vérifiez le détail auprès de votre établissement plutôt que de vous fier à une règle générale.
Le décès entraîne la clôture automatique du PEA, quelle que soit son ancienneté. Les gains sont exonérés d’impôt sur le revenu, y compris si le plan avait moins de 5 ans, mais les prélèvements sociaux restent dus.
Le capital rejoint ensuite l’actif successoral et suit les règles de droit commun des successions. Contrairement à l’assurance-vie, le PEA n’offre aucun avantage fiscal spécifique en matière de transmission. C’est l’une des différences majeures entre les deux enveloppes, détaillée dans notre comparatif PEA ou assurance-vie.
La fiscalité du PEA-PME est strictement identique à celle du PEA classique : exonération d’impôt sur le revenu après 5 ans, prélèvements sociaux à 18,6 %, même règle de calcul proportionnel sur les retraits partiels.
La seule différence porte sur les plafonds. Le PEA-PME accepte jusqu’à 225 000 € de versements, mais ce montant s’apprécie en cumul avec votre PEA classique, lui-même plafonné à 150 000 €. Un investisseur qui a saturé son PEA à 150 000 € ne peut donc verser que 75 000 € supplémentaires sur son PEA-PME.
La fiscalité du PEA tient en une phrase : rien tant que vous ne retirez rien, 18,6 % après 5 ans, 31,4 % avant. Tout le reste n’est qu’une question de calcul proportionnel.
La hausse de 2026 mérite d’être connue, mais elle ne change pas la hiérarchie des enveloppes. Un PEA de plus de 5 ans reste le moyen le moins taxé d’investir en actions européennes quand on est résident fiscal français.
Le vrai levier n’est donc pas d’optimiser la sortie, mais de faire démarrer le compteur des 5 ans le plus tôt possible. Si vous débutez, notre guide pour investir en bourse quand on débute pose les bases, et notre article sur le DCA en bourse montre comment alimenter votre plan sans y penser chaque mois.
Cet article est fourni à titre informatif et pédagogique ; il ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Investir comporte un risque de perte en capital.
Rien du tout. Il n’existe aucun seuil fiscal à 8 ans sur le PEA. La confusion vient de l’assurance-vie, dont l’abattement annuel de 4 600 € se déclenche effectivement au bout de 8 ans. Sur un PEA, le seul seuil qui compte est celui des 5 ans, et la fiscalité reste ensuite identique, que le plan ait 6 ans ou 25 ans.
Tant que vous n’effectuez aucun retrait, vous n’avez rien à déclarer. L’année d’un retrait, votre courtier vous adresse un imprimé fiscal unique et les montants sont en principe préremplis sur votre déclaration. Il reste utile de les vérifier, en particulier pour un plan de moins de 5 ans.
Oui, si le plan a plus de 5 ans. Depuis la loi PACTE de 2019, un retrait partiel après 5 ans ne bloque plus les versements, dans la limite du plafond de 150 000 €. Avant 5 ans, la question ne se pose pas : le retrait clôture le plan.
Vous ne payez ni impôt ni prélèvements sociaux, puisqu’il n’y a aucun gain à taxer. Si le retrait entraîne la clôture du plan, la moins-value constatée devient imputable sur vos plus-values de valeurs mobilières réalisées la même année ou au cours des dix années suivantes.
Oui, nettement, pour les actions et ETF européens. Après 5 ans, vous payez 18,6 % sur un PEA contre 31,4 % sur un compte-titres, sans compter l’imposition annuelle des dividendes sur ce dernier. Le compte-titres garde toutefois deux atouts : aucun plafond de versement, et un univers d’investissement bien plus large.
Tous les dimanches matin, je partage mes astuces et méthodes qui permettent d'arriver à l'indépendance financière.